Claude Cossette
professeur titulaire de publicité sociale à l'Université Laval

 


La Publicité, étiqueteuse de pauvreté
Dîner-conférence de Centraide Québec, Holiday Inn Select Centreville

Notes aide-mémoire: ne pas publier

Dîner-conférence de Centraide Québec
Holiday Inn Select Centreville
395, rue de la Couronne, Québec Qc G1K 7X4
Le mercredi 11 décembre 2002



Mesdames, Messieurs,


Je vais vous faire un exposé en trois parties :


1. PLUS ON EST RICHE, PLUS ON VOLE LES PAUVRES
Existe-t-il un lien entre la consommation de masse et la pauvreté ?
La publicité influence notre perception de la pauvreté ?
2. QUATRE QUESTION SUR LA MORALE PUBLICITAIRE
Les publicitaires doivent-ils tenir compte des pauvres ?
Les activistes peuvent-ils influencer les publicitaires?
Dans l’avenir, la publicité sera-t-elle plus éthique?
Peut-on développer un sens critique face à la pub ?
3. LES PUBLICITAIRES ET LES MÉDIAS PEUVENT-ILS AIDER LES PAUVRES ?
Une publicité au service de la pauvreté
La publicité qui appauvrit davantage les pauvres
4. CONCLUSION

La publicité sert à multiplier le nombre de personnes qui, au Québec, porteront dans le front l’étiquette « Pauvre ». C’est ce que j’essaierai de vous expliquer dans la présente conférence qui fait partie d’un train d’activités que Centraide a mis en marche pour nous sensibiliser —vous, moi— au phénomène grandissant —oui, grandissant!— de pauvreté.


Mais qu’est-ce que la pauvreté? Quand est-on pauvre? Quand on ne mange pas suffisamment? Qu’on gèle l’hiver? Que nos vêtements sont troués? Sans doute. Mais en 2002, une infime partie de nos populations vivent dans de telles conditions. Nous ne sommes ni au Bangladesh ni au Biafra… ni en Éthiopie comme ça se prépare présentement.


Quand une personne est-elle pauvre? Eh bien, quand elle n’a pas assez de revenus pour vivre comme la moyenne des personnes de son milieu. Vous êtes pauvre quand vous avez des frères et des sœurs qui ont des revenus de ménage de 200,000$ et que vous ne gagnez que 40,000$ par année. C’est en théorie au-dessus du seuil de pauvreté mais… Vous ne pouvez pas faire des cadeaux comme ils vous font, vous ne pouvez pas aller au restaurant en famille avec eux, pas faire de sport d’hiver avec les enfants comme ils le font, pas prendre de vacances dans le Sud comme ils le font.

Vous êtes également pauvre quand vous êtes invalide permanent —ou vieux!— avec des revenus sociaux de 10,000$ quand vos voisins de milieu populaire ont des revenus moyens au seuil de pauvreté, disons de 30,000$

Partie 1 :
PLUS ON EST RICHE, PLUS ON VOLE LES PAUVRES


Il faut se rendre compte que nous sommes tous des voleurs. Si au Canada, nous vivons si bien, c’est que nous exploitons les pauvres du Tiers-Monde en barguignant sur le prix du café ou du sucre —et, à voler le monde, du sucre on en mange 40 kg par habitant (soit 22 cuillérées par jour) alors qu’on en mangeait moins de 2kg au début du siècle —20 fois moins. Et si on payait le porc au véritable prix de revient, on mangerait moins de viande —les producteurs ne calculent pas dans leur prix —et ne nous font pas payer— ce qu’il en coûte d’abandonner un puit résidentiel pollué par la nappe phréatique ou assainir les rivières de leur purin.


a) Y-a-t-il un lien entre la consommation de masse et la pauvreté ?


Oui : la production de masse tend implacablement vers la concentration et le monopole. Ainsi, les 3 personnes les plus riches du monde possèdent une fortune supérieure à la somme des produits intérieurs bruts des 48 pays les plus pauvres... (Le Monde diplomatique, novembre 1998)

Le fossé entre riches et pauvres de se réduit pas en dépit de toutes les annonces égalitaristes de nos Premiers ministres téléguidés par les riches. Encore que c’est moins pire dans les pays instruits comme le Canada que dans les pays où le taux d’analphabétisme frôle les 90% comme en Haïti. Voyons ce qui s’est passé pendant les deux dernières décennies ultra-libérales (1979-1998) : Je cite le Rapport mondial sur le développement humain 1998 de l’ONU : « En 1960 les 20 % de la population mondiale vivant dans les pays les plus riches avaient un revenu 30 fois supérieur à celui des 20 % les plus pauvres; en 1995, leur revenu était 82 fois supérieur. » Dans plus du tiers des pays du monde, le revenu par habitant est inférieur à ce qu'il était il y a vingt ans...

Selon le professeur Omar Aktouf de HEC, il se dépense 200MM$ en publicité aux États-Unis chaque année. Selon l’ONU, il suffirait de 140MM$ pour éliminer la pauvreté dans le monde. Parvenir à la satisfaction des besoins de santé de la Terre entière ne coûterait que 13 MM$, soit à peine ce que les habitants des États-Unis et de l'Union européenne dépensent en parfums...

Le professeur Amartya Sen de l’Inde, prix Nobel d'économie, s'oppose aux thèses néolibéralismes. Il estime qu'il faut donner à l'État, et non au marché, une plus grande responsabilité dans la promotion du bien-être de la société. Un État qui soit à la fois sensible aux besoins de tous ses citoyens et préoccupé, à l'échelle planétaire, par le développement de toute l'humanité. Ce n’est évidemment pas ce qu’en entend le plus souvent dans nos médias qui sont tous financés par la publicité des marchands…

Comme disait ma mère qui a grandi dans un milieu miséreux de Québec : « Au plus fort la poche. »

b) La publicité influence-t-elle notre perception de la pauvreté ?

La publicité contribue à déterminer les standards de consommation, les standards de niveau de vie.

Le livre Influence de Robert Cialdini est considéré par Amazon.com comme un des 50 meilleurs livres de business disponibles aujourd'hui.

Cialdini est un imminent docteur en psychologie sociale; il est le socio-psychologue vivant le plus cité par les chercheurs. Dans son best-seller (vendu à 250,000 copies en neuf langues), il résume toutes les connaissances scientifiques en éthologie humaine pour expliquer le fonctionnement de la persuasion, donc de la publicité.

Il résume la recherche en sept clés qui "déclenchent" les êtres humains, , les manipulent, les motivent, les persuadent… « Tout le monde le fait… fais-le donc ! » On sait les suicides en chaîne provoqués par un suicide rapporté… les salves d'applaudissement déclenchées par le taptap d’un seul spectateur… l’efficacité des rires en "canne" dans les émissions de télé préenregistrées…

C’est une des tactiques privilégiée la publicité que d’établir comme norme ce qui est au départ une exception. Tout le monde boit cette bière, tout le monde utilise ce savon, tout le monde porte ce vêtement… Tout le monde aime Hilfiger… ou Gap…

Pensons à l’eau en bouteille; à force d’essais, puis d’habitude, elle finit par être considérée comme un besoin essentiel. Pensons au mouchoir de papier ; qui peut s’en passer? Mais est-ce un besoin essentiel [SORTIR] : je lave mon mouchoir de coton, et je le trouve confortable… en fait, doux comme le papier toilette Cotonnelle et ses chatons… Si nous lavions tous nos mouchoirs, nous épargnerions en pâte à papier une forêt québécoise chaque année, et sauverions une rivière de la pollution savonneuse…

Le temps que nous mettons à gagner l’argent dont nous avons « besoin » pour nous payer ces luxes —et non des nécessités!—, n’est plus disponible pour savourer les couchers de soleil ou voir grandir nos enfants. Acheter une semaine de vacances aux Antilles nous privera de combien de coucher de soleils au Québec? Voilà ce qu’il faut se demander.

Grâce à la publicité, nous sommes tous convaincus que nous serions pauvres si nous n’avions plus de tomates ou de pêches sur nos tables à l’année longue, pauvres si nous ne pouvions prendre un bain ou une douche à l’eau chaude (et à l’Alguemarin!) une ou deux fois par jour, pauvres si nous ne laissions pas dormir sept radios et trois télés, ne disposions pas d’un espace de stationnement tout près de notre lieu de travail, ainsi de suite…


Partie 2 :
Les gens de centraide : QUATRE QUESTION SUR LA MORALE MARCHANDE


1. Les publicitaires doivent-ils tenir compte des pauvres ?

•  Non, parce que les publicitaires sont payés par les gens d’argent. Demande-t-on à l’avocat de ne pas défendre son client criminel ?

Non, parce que les pauvres sont aussi des acheteurs qui augmentent les profits, ce qui est le but des entreprises capitalistes.

2. Les organismes communautaires peuvent-ils influencer les publicitaires ?

Sans doute. Je proposerai un moyen dans ma conclusion.

3. Dans l’avenir, la publicité sera-t-elle plus éthique?

À peine moins éthique, plus immorale, que la société qui la diffuse… que chacun de nous !

Elle sera plus excessive : plus de sexe, plus de violence, plus de ruse. Parc qu’elle doit se faire voir et entendre dans le bruit communicationnel qu’elle produit elle-même.

4. Peut-on développer un sens critique face à la pub ?

Sans doute. Les émissions ou les articles sur la pub sont présentement plus descriptives que critiques : les médias vivent de la pub. On peut critiquer mais en ménageant la chèvre (le commanditaire) et le choux (la publicité).

Reste l’éducation.

Partie 3 :
LES PUBLICITAIRES ET LES MÉDIAS PEUVENT-ILS AIDER À CONTRER LA PAUVRETÉ ?

Oui si on les y force par des lois restrictives. Pub aux enfants. Battue en brèche par la tendance à la déréglémentation, à la religion du libre marché.

Ou qu’on leur consent des budgets : la pub sociale = en vue du bien commun, et non les seuls profits des actionnaires.
vg les campagnes de sécurité routière de la SAAQ

Mais les citoyens ne sont pas très chauds : L’Actualité (février 2001) a commandé une recherche à Sondagem pour savoir si les citoyens sont d’accord pour que leurs gouvernements dépensent ainsi des millions$. On a trouvé que plus de 72% des citoyens sont en désaccord!

Centraide Québec a présenté un Mémoire à la commission parlementaire chargée d’étudier le Projet de loi visant à lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale : Je cite : « Centraide Québec recommande au gouvernement du Québec d’élaborer des campagnes de sensibilisation et d’éducation populaire portant sur les causes de l’existence de la pauvreté de même que les coûts sociaux et économiques qu’elle entraîne pour toute la société.
« En matière de pauvreté, des efforts vigoureux devront être déployés pour contrer certaines idées reçues comme :
•  on a le salaire qu’on mérite;
•  les pauvres sont paresseux;
•  une majorité d’assistés sociaux fraudent l’aide sociale;
•  les pauvres ne veulent pas travailler;
•  les pauvres sont incapables de gérer leur budget;
•  les pauvres n’ont pas de fierté;
•  les pauvres profitent du système;
•  il y a des pauvres qui ne veulent pas s’en sortir;
•  les pauvres sont responsables de leur pauvreté…»


Fin de la citation.
Sophismes ! Schématisations outrancières ! Généralisations injustes ! Idées préconçues ! Boucs émissaires !

Il faut aussi être assez intelligent pour comprendre que certaines personnes pauvres —surtout si on habite un quartier pauvre où les gens, statistiquement, sont plus souvent malades et meurent plus jeunes— certaines personnes pauvres donc, qui sont parfois des voisins, ou des cousins, ou des camarades qui :
•  sont malades et sans assurance à long terme… sont donc plus pauvres
•  son nées handicapées intellectuelles ou physiques… sont donc plus pauvres
•  sont moins intelligentes… sont donc plus pauvres
•  sont moins instruites… sont donc plus pauvres
•  sont moins rusées ou plus naïves… sont donc plus pauvres
•  sont abandonnés jeunes pour subvenir seuls à leurs besoins… sont donc plus pauvres

C’est ces états —passagers ou permanents— qui expliquent souvent largement leur pauvreté.

Or un citoyen ne comprendra pas s’il ne fait qu’écouter André Arthur ou Jeff Fillion qui entraînent le petit peuple et les jeunes plus naïfs vers la droite et l’égoïsme personnel et social.

Non, on ne peut compter sur les publicitaires ni sur les médias pour se donner la mission de comprendre les pauvres : la pub et les médias font partie du monde de l’argent. Non de celui de la solidarité ou de la compassion. On ne peut même pas compter sur les universitaires : le laboratoire de neuropsychologie Mind of the Market, rattaché à la célèbre Harvard Business School, cherche à savoir grâce à la tomographie par émission de positons —les fameux scanners Xe génération si rares dans nos hôpitaux—, comment la publicité agit sur le cerveau des consommateurs qui sont en train d’acheter. « Notre intention n’est pas de manipuler les goûts de nos semblables, affirme sans ciller le professeur de neuropsychologie et Dr Stephen Kosslyn, nous sommes simplement les premiers à mettre au service des entreprises toutes les connaissances fondamentales sur le rôle des zones cérébrales dans les émotions et le comportement. Notre travail encore très préliminaire, devrait à terme changer radicalement les techniques de marketing. » (Sciences et Avenir, septembre 1999)

Il ne faut jamais l’oublier : Le monde de l’argent n’a pas pour but de créer plus de justice mais plus de profit. Souvent sans égard aux moyens. Paul Kurnit de l’agence de publicité Kid Thing de New York explique : « Avant, nous considérions les enfants du préscolaire comme devant être visés à travers la mère. Aujourd’hui, les bébés s’intègrent à l’espace [publicitaire] dit des enfants. » (AdvertisingAge, 12 février 2001)

En réalité, le publicitaire considère désormais qu’il existe six (sic!) segments de marchés différents chez les jeunes : nouveaux-nés jusqu’à deux ans; les 3-5 ans; les 6-8 ans; etc.

La pensée dominante dans les médias et chez les publicitaires, c’est la pensée marchande. Mondialisation et tutti quanti. Avec sa verve aiguë et morose, Jean Larose du Devoir évoque la globalisation des marchés plutôt comme un vampire : « Un spectre hante le globe, celui d’un marché totalitaire où le citoyen sera défini comme un investisseur, la liberté comme le droit inaliénable du fort à exploiter le faible sans ingérence de l’État, la politique comme la gestion de la pauvreté au service du libre monopole, l’histoire comme une nostalgie des fraternités archaïques, l’éducation comme une préparation au marché de l’emploi précaire, la culture comme un spectacle stupéfiant, l’égalité comme le droit de chacun à l’aliénation marchande. » (27 février 2000) Pessimiste?

Et les budgets de publicité augmentent toujours :
•  plus vite que le PIB : 6,2% l’an passé
•  2000$ par année par famille de quatre personnes
(autos, com, savon, bière, grands magasins)
•  80% de la population du Q 15 fois = 1/2 M$
•  entre 1980 et 2000 : budgets publicitaires multipliés par quatre

Il y a aussi une publicité qui appauvrit davantage les pauvres.

Celle qui encourage à consommer plus que ses moyens. L’achat à crédit appauvrit davantage le pauvre que le riche. Moi, je paye ma totalité de mon solde mensuel de ma carte, mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Le jeune ou le chômeur qui « profite » des conditions de paiement s’appauvrit davantage encore car il paiera 20% de plus pour ses achats que moi je paie. C’est tout simplement scandaleux ! Or la publicité répète sans cesse : « Pas de taxes! » ou « 0% d’intérêt » ou « 36 mois pour payer sans intérêt », etc. etc. Seuls les naïfs peuvent croire ça.

Les premiers naïfs, ce sont les jeunes. Selon le Council for Aid to Education, les budgets dépensés par les entreprises en programmes “éducationnels” dans les écoles primaires et secondaires américaines sont passés de 5 millions$ en 1965 à 500 millions$ —une multiplication par 100. C’est ce qui s’appelle proliférer au centuple. (chiffres mentionnés par Jean Kilbourne, dans Deadly Persuasion)

Une étude récente du sociologue Robert Manning de la Georgetown University, démontre que « la mise en marché des cartes de crédit sur les campus est faite agressivement et efficacement. » L’étude révèle que certains collèges et universités tirent profit de ces activités commerciales en étant payés par les entreprises. Résultat : 81% des étudiants obtiennent leur première carte de crédit avant la fin de leur première année d’université (70% en avaient déjà une avant de compléter leurs études collégiales); les prisonniers du tambour à hamsters (les revolvers i.e. ceux qui sont incapables de payer la totalité de la somme mensuelle due), supportent des soldes supérieurs à 2000$ en moyenne, et pour 20% d’entre eux, ce solde excède 10,000$

L’endettement des jeunes est tel que l’Université d’Indiana rapportait en 1998 qu’elle perdait davantage d’étudiants à cause de leur incapacité à rembourser leurs dettes qu’à cause de leurs échecs académiques. (Trane Federal Credit Union. “Student Credit Card Debt Looms Large”)


CONCLUSION


Statistiques Canada dit que le ménage canadien moyen n’est pas plus riche aujourd’hui qu’il y a 20 ans —même si ses membres travaillent plus fort. « En bout de ligne, il y a quelque chose qui m’échappe. La richesse croit sans cesse, mais les revenus des classe pauvres et moyenne diminuent. Dites-moi donc où aboutit la croissance au bout du compte? La réponse est simple : dans les poches des riches. A quoi sert de créer de la richesse économique sans fin si c’est pour enrichir une minorité de profiteurs? » Ce n’est pas moi qui parle. C’est le professeur Léo-Paul Lauzon, directeur de la Chaire d’études socio-économiques à l’Université du Québec à Montréal.

Au cas ou vous douteriez de sa compétence pour affirmer quelque chose d’aussi simple :
En plus d’être docteur en sciences de la gestion
•Lauzon détient une maîtrise en Administration des affaires de HEC
•Est comptable agréé (CA)
• comptable en management accrédité (CMA)
• Il a travaillé pour la BNC,
• Pour le groupe Malette et Maheu,
• Pour Deloitte & Touche-Samson Bélair.
•Et c’est tiré de son livre Contes et comptes du Prof Lauzon : Le néolibéralisme dénoncé net, fret, sec! (Lanctot éditeur)

La différence si Lauzon dit des choses comme ça, c’est que, contrairement à trop d’économistes universitaires, Lauzon n’a pas vendu sa compétence au monde de l’argent.

Démoralisant, tout ça? Non. Reste l’espoir. Les utopistes doivent continuer à croire qu’ils peuvent changer quelque chose. Et je pense qu’ils le peuvent. En travaillant au corps à corps auprès des chefs d’entreprise. Ceux-ci sont des êtres humain et quand ils enlèvent leurs chapeaux de capitalistes, ils peuvent comprendre que tout le monde a droit à une vie meilleure. Ils pourraient même comprendre que moins de profit, c’est laisser plus d’argent aux petits… qui redeviendront des consommateurs de leurs produits. Ça les marchands comprennent ça.

On peut commencer —cette année, peut-être!— en décernant des prix annuels pour les publicité Cœur de pierre et pour les publicités Cœur d’or.

Les publicité Cœur de pierre seraient celles qui exploitent le plus outrageusement les petites gens :
3e prix: pour telle annonce de telle entreprise : Pub Cœur de pierre ponce;
2e prix : pour telle annonce de telle entreprise : Pub Cœur de pierre à feu ;
1er prix : pour telle annonce de telle entreprise : Pub Cœur de pierre à fusil

Les publicités Cœur d’or seraient celles qui démontrent une conscience sociale étendue et ne pensent pas exclusivement à exploiter le petit pour augmenter le profit à court terme des actionnaires
3e prix: pour telle annonce de telle entreprise : Pub Cœur d’or brut;
2e prix : pour telle annonce de telle entreprise : Pub Cœur d’or fin;
1er prix : pour telle annonce de telle entreprise : Pub Cœur d’or massif

Quel média mettra sur pied ce concours? Quelle agence de publicité? Quel organisme? Je suis prêt à présider le premier jury.

D’ici là, réfléchissons sur ces merveilleuse paroles de l’immortel poète arabo-chrétien du Liban, Khalil Gibran :

Il y a ceux qui donnent peu de l'abondance qu'ils possèdent - et ils le donnent pour susciter la gratitude et leur désir secret corrompt leurs dons.
Et il y a ceux qui possèdent peu et qui le donnent en entier.
Ceux-là ont foi en la vie et en la générosité de la vie.
Tout ce que vous possédez, un jour sera donné ;
Donnez donc maintenant, afin que la saison du don soit la vôtre et non celle de vos héritiers.
Et celui qui mérite de boire à l'océan de la vie mérite de remplir sa coupe à votre petit ruisseau.
Et qui êtes-vous pour qu'un homme doive dévoiler sa poitrine et abandonner sa fierté, de sorte que vous puissiez voir sa dignité mise à nu et sa fierté, exposée?
Veillez d'abord à mériter vous même de pouvoir donner, et d'être un instrument du don.


ET GIBRAN DIT AUSSI CECI :

Le commerce est bon.
Mais avant de quitter le marché, regardez si personne n’est parti les mains vides
Car l’esprit maître de la terre ne dormira pas en paix sur le vent
Jusqu’à ce que les besoins du moindre d’entre vous ne soient satisfaits.

 

Passez une belle fin de journée!

Claude Cossette, professeur titulaire

Département d'information et de commuication
Université Laval