Intégration et présentation de tableaux et de figures

Si cela va de soi qu’un tableau n’est pas un graphique ni une figure, la distinction entre ces deux derniers appuis visuels n’est pas aussi claire. Dans certains ouvrages sur les normes de présentation, on se limite à l’utilisation du terme figure. D’autres auteurs passent d’un terme à l’autre sans distinction (auxquels ils ajoutent les schémas et les illustrations), ou encore optent pour le graphique, mais utilisent le terme figure comme titre pour leurs exemples… Aux fins de ce guide, nous traiterons de tableaux et de figures, ces dernières pouvant être présentées sous forme de graphique, de dessin, de schéma, d’illustration, etc.

Alors que les figures présentent des données à l’aide de courbes, de points, d’images, etc., les tableaux organisent « des données sous forme de comparaison ou de classification » (Provost et al. 2002 : 61, 63). Ces informations — il peut aussi s’agir de texte — sont présentées en colonnes et en rangées, lesquelles établissent l’organisation du contenu du tableau. Figures et tableaux comptent certaines forces et certaines faiblesses. On dira par exemple que les figures « présentent, par opposition aux tableaux […], l’avantage d’être des inventaires visuels qui font ressortir les relations entre les éléments. En revanche, malgré leur faible attrait visuel, les tableaux offrent parfois l’avantage de pouvoir comporter plusieurs données » (Larose, 1992 : 77).

Qu’il soit question d’un tableau ou d’une figure, il s’agit d’une information complémentaire au texte. Ces appuis visuels trouvent leur utilité lorsque le texte ne se suffit pas à lui-même et, le cas échéant, lorsqu’ils permettent de fournir une information pour une meilleure compréhension. Chacun à leur façon, ils peuvent faire parler l’information, rendre compte d’un certain nombre de renseignements absents du texte courant et permettre ainsi au lecteur de saisir plus facilement ce qu’il lit.

Mais on ne fait pas des tableaux pour remplir des pages… En certaines occasions, il est en effet inutile de produire un tableau, si toute l’information est clairement présentée dans le texte. Par exemple, un tableau n’est pas nécessaire pour illustrer le nombre de femmes et d’hommes provenant d’un échantillon. À l’inverse, le tableau trouve toute son importance si d’autres caractéristiques sociodémographiques (âge, scolarité, etc.) s’y ajoutent. Il peut du même coup alléger le texte de ces éléments descriptifs, lesquels sont généralement fastidieux à présenter sans appui visuel.

Le tableau et la figure sont subordonnés au texte qui les introduit, et non l’inverse. Par conséquent, il importe qu’ils soient « annoncés » convenablement dans les lignes qui les précèdent. L’auteur peut utiliser différentes formulations telles que « Comme le tableau 1 l’indique… », « Le tableau 2 met en évidence… », « La figure 1 montre l’évolution... », « La figure 3 illustre bien la complexité de l’organigramme de la direction du groupe… », etc. En principe, on devrait éviter de séparer le tableau et les éléments du texte qui le commentent, l’un et l’autre devant se retrouver dans la même page. Lorsque ce n’est pas possible, et il arrive qu’il en soit ainsi, l’auteur doit en tenir compte dans le texte et avoir recours à une formulation comme celle-ci : « Le tableau 2 présenté à la page suivante montre que… ».

Tableaux et figures doivent respecter un certain nombre de conventions. D’abord, l’identification, le titre et la source doivent être édités séparément du tableau comme tel. En procédant ainsi, ces composantes peuvent plus facilement s’harmoniser avec le corps du texte qui précède et suit le tableau. La numérotation se fait en chiffres arabes (Tableau 1, etc.). Immédiatement sous l’identification, un titre évocateur du contenu doit coiffer le tableau. Ce titre est bref, mais complet, et précise généralement ce qui apparaît dans les deux axes, l’unité de mesure, la période sur laquelle portent les données, etc. L’information doit occuper deux lignes au maximum. Lorsque le titre fait plus d’une ligne, il doit être à simple interligne et, dans tous les cas, sans point à la fin.

Si le titre doit être bref et explicite, il en va de même pour les noms des colonnes et des rangées qui précisent l’organisation des informations contenues dans le tableau (il en est également ainsi pour l’identification de l’axe des abscisses et de celui des ordonnées dans certaines figures). Le nom d’une colonne ou d’une rangée peut être omis si l’ajout est redondant. Que ce soit pour le titre, les noms de colonnes ou de rangées, il importe d’avoir recours aux mêmes termes que ceux utilisés dans le texte.

[À la page suivante,] nous avons produit un exemple de tableau qui présente sobrement le tirage des six quotidiens du groupe Gesca en 2000 sur l’ensemble de la semaine. Sur le plan esthétique, nous pouvons noter l’absence de traits verticaux et le nombre réduit de lignes horizontales (par des traits simples), ce qui permet d’aérer le contenu du tableau. Il est en effet préférable d’éviter la surcharge, la sobriété faisant mieux ressortir les informations. Pour la même raison, nous avons utilisé une police de taille inférieure de deux points pour le contenu du tableau par rapport à celle du texte.

Les décimales n’étant ici d’aucune utilité aux fins du tirage d’un journal, elles ne sont pas requises. Ce qui n’est pas toujours le cas bien évidemment. De même, lorsque les nombres sont très élevés (par exemple plusieurs centaines de millions de dollars), il est préférable de réduire le nombre et d’apporter la mention de l’unité de mesure dans le nom de la colonne (revenus en millions de dollars / ou encore ’000 $), ou dans le titre. Par ailleurs, peu importe l’application choisie11 pour le produire, le tableau doit être présenté à l’horizontale et construit en respectant les mêmes marges que le texte.

 

Tableau 1
Tirage des six quotidiens propriété de Gesca sur l'ensemble de la semaine (2000)

  Moyenne
(L/V)
Samedi Dimanche
Le Droit 33 678 40 077 non publié
Le Nouvelliste 42 279 46 775 non publié
La Presse 178 642 276 379 186 978
Le Quotidien 28 796 28 796 non publié
Le Soleil 80 092 123 912 89 330
La Tribune 30 856 39 011 non publié
La Voix de l’Est 14 944 18 438 non publié

Source : ABC (Audit Bureau of Circulation), 2001

Pour compléter ce tour d’horizon, lorsque les informations utilisées ne proviennent pas de l’auteur du texte, l’identification de la source doit apparaître sous le tableau (à gauche) en reprenant la méthode (auteur-date ou classique) utilisée dans le texte. L’identification de la source se fait avec le même type de police, mais la taille est inférieure de deux points par rapport à celle du texte. Pour la méthode auteur-date, la source, sommaire sous le tableau, doit cependant apparaître en entier dans la bibliographie. Trop souvent, nous avons tendance à la traiter différemment parce qu’un tableau n’est pas cité entre guillemets (!), alors qu’il s’agit pourtant d’une référence au même titre que les autres. Le tableau ne fait-il d’ailleurs pas partie du texte ?

La présentation de données sous forme de figures peut en accroître l’intérêt en les rendant encore plus « parlantes ». Parmi les figures, il existe plusieurs types de graphiques, chacun ayant leur utilité, auxquels s’ajoutent les organigrammes, dessins, schémas, illustrations, plans, etc. En matière de graphiques, les diagrammes à bâtons et les histogrammes permettent notamment d’intéressantes comparaisons de valeurs. Les courbes sont pour leur part fort utiles pour illustrer des changements dans le temps (par exemple, l’évolution des revenus publicitaires), tandis que le diagramme circulaire (également appelé par secteurs, pointes de tarte ou camembert) présente plus adéquatement les proportions à l’intérieur d’un tout (par exemple, le pourcentage de la publicité dans l’ensemble des revenus), notamment lorsque le nombre de valeurs est limité.

Il s’agit de faire le bon choix du type de graphique (histogramme, barres, courbes, secteurs, nuage de points, etc.) et du sous-type (valeurs groupées, effet 3D, etc.) de façon à communiquer le mieux possible l’information. Attention, la variété du choix ne justifie pas l’usage abusif12 de graphiques.

Comme nous l’avons souligné pour les tableaux, il ne sert à rien d’ajouter des détails inutiles (légende redondante, étiquettes d’identification difficiles à lire dans un diagramme à barres ou dans un histogramme, etc.) ainsi que des quadrillages (principal ou secondaire) qui surchargent le graphique. Il faut en outre éviter de faire des graphiques de couleurs dans un document imprimé en noir et blanc. Bien qu’elles soient différentes à l’écran de l’ordinateur, deux couleurs foncées peuvent en effet se ressembler à la sortie de l’impression d’un document en noir et blanc. Il est préférable d’utiliser différentes teintes de gris pour marquer les différences entre les bâtons d’un histogramme, les secteurs d’un diagramme circulaire, etc.

À la page suivante, nous présentons un exemple de figure (graphique à courbes) qui nous apparaît approprié pour illustrer adéquatement l’évolution du tirage des quotidiens québécois sur une période de 25 ans. Nous n’avons pas à nommer l’axe des abscisses ni celui des ordonnées parce que l’information nécessaire à la compréhension du graphique est suffisante. Comme tout le graphique est produit en noir sur fond blanc, nous avons choisi des marques suffisamment distinctes (losange, carré et triangle) pour identifier les courbes des tirages : en semaine, le samedi et le dimanche.

À des fins esthétiques, nous ne laissons en noir que l’axe des ordonnées et l’axe des abscisses et présentons les autres traits en gris pâle, ce qui permet de faire ressortir les courbes. Placée en bas du graphique aux fins de notre exemple, la légende peut être insérée à cinq endroits différents, ou ne pas apparaître si elle n’est pas utile13.

Figure 1
Évolution du tirage des quotidiens québécois (1965 - 2000)

Exemple de frigure

Source : ABC (Audit Bureau of Circulation), 2001

11. Nous suggérons d’utiliser les outils disponibles dans Word pour réaliser des tableaux et des graphiques insérés dans un travail écrit : le tableau à partir du menu du même nom, et le graphique à partir du menu Insertion, ensuite l'option Graphique, ce qui permettra de lancer Microsoft Graph. Si vous utilisez une autre application que Word (Excel par exemple), vous devez être familier avec l’option Collage spécial… du menu Édition lors du passage vers le document Word.

12. À titre indicatif, Tremblay et Perrier précisent que, « selon la nature du travail, un texte d’une dizaine de pages pourra être accompagné de un ou deux tableaux ou schémas, par exemple; un travail scientifique, un rapport de recherche ou un rapport de laboratoire en nécessitera évidemment plus » (2000 : 122). Comme nous l’avons souligné plus tôt, on ne produit pas des tableaux ou des figures pour remplir des pages.

13. Pour apporter des modifications à l’ensemble du graphique ou à certaines de ses composantes, il suffit de double-cliquer sur la partie à modifier, ce qui lance l’application Microsoft Graph. Une fois les modifications apportées, vous quittez Microsoft Graph et revenez dans votre document Word.

Département d’information et de communication — Faculté des Lettres et des Sciences Humaines
Août 2005 (version révisée juillet 2011)

Dernière mise à jour : 2013-06-25 10 h 35