Méthode auteur-date

Comme vous pouvez le constater à la lecture de ce guide, la méthode (ou système) auteur-date est de mise dans les travaux de recherche (notamment au DIC). Elle remplace la méthode classique qui consistait à placer l’appel de note (de bas de page ou de fin de document) immédiatement après la citation. Plus pratique que le système classique d’origine française, elle « facilite grandement la référence à un ouvrage dans le texte » (Tremblay et Perrier, 2000 : 115).

La méthode auteur-date comporte certaines particularités. Par exemple, pour une idée générale d’un auteur insérée dans le texte, le nom de celui-ci et l’année de publication de l’ouvrage sont suffisants ; la façon de procéder est la même s’il y a plus d’un auteur. Pour une paraphrase ou une citation textuelle, on inscrit le nom de l’auteur, la date de parution (année) et la page à la fin de la citation. Selon la façon dont la citation est intégrée au texte, le nom de l’auteur peut apparaître en début de phrase. Le cas échéant, il n’a pas à être répété à la fin de la citation. Si deux références au même auteur et à la même année sont utilisées dans le texte, il faut alors ajouter une lettre minuscule après l’année (ex. 2000a), en conformité avec la bibliographie.

Voici quelques exemples fictifs pour illustrer certaines particularités de la méthode auteur-date. Dans le premier, même s’il ne s’agit pas d’une citation, le propos de l’auteur est tiré précisément d’une page (124) de son ouvrage. Dans le troisième, l’idée très générale voulant que le tabagisme soit un phénomène de société est partagée par ces quatre auteurs. Dans tous les cas, la note de bas de page n’est pas requise.

1. Sauvageau prétend que le problème serait moins présent avec un cadre législatif plus restrictif. Il ajoute que le CRTC fait preuve de laxisme (2000 : 124).

2. Selon Garon, « l’apprentissage doit se faire sans l’aide du professeur » (2001 : 124).

3. Plusieurs auteurs (Gauthier, 2000 ; Dépelteau, 2001 ; Tremblay, 1999b ; Grawitz, 2001) prétendent que le tabagisme est un phénomène de société.

Par ailleurs, il faut porter une attention particulière aux auteurs qui citent d’autres auteurs. En principe, on devrait toujours chercher à remonter à la source primaire, de façon à en savoir plus sur le contexte d’origine de la citation plutôt que de reprendre ce qu’un autre avant nous a déjà repris. La façon de faire est généralement assez simple, puisque l’auteur indique la référence complète de ladite source primaire. Combien de fois la question est posée sur la façon de citer des notes de cours (recueil de textes) alors qu’il serait beaucoup plus simple de remonter aux textes d’origine ? La règle est la même pour le contenu de certains diaporamas présentés en classe lorsque la référence de la source primaire y apparaît. Pourquoi alors citer l’enseignant au lieu de citer la source primaire ? Bref, en tout temps, le lecteur doit savoir de qui émane le propos dont il fait la lecture.

Cela dit, nous sommes conscient que ce n’est pas toujours possible, et qu’il est plus difficile de remonter à l’origine lorsqu’il s’agit de propos provenant d’une entrevue, à l’intérieur d’un article journalistique par exemple. Il en est de même pour les textes d’opinion publiés dans des pages de journaux ou autres périodiques. D’où l’importance de mettre le nom de la publication et d’ajouter certaines précisions (ex. « dans Paré, L’actualité, 2002 », « dans Le Devoir, 2004 », etc.), comme nous le verrons plus loin. Il ne faut surtout pas renoncer à faire preuve de rigueur, car ce qui peut paraître anodin prend tout son sens lorsque des propos litigieux sont attribués à la mauvaise personne.

Dans les trois exemples fictifs qui suivent, nous utilisons des noms connus pour mieux illustrer certaines subtilités sur lesquelles nous voulons attirer votre attention : dans le premier, l’affirmation serait celle de Foglia, journaliste à La Presse ; dans le second, les propos seraient ceux de Dupuis à l’intérieur d’un article de Paré, journaliste à L’actualité ; dans le dernier, l’énoncé serait de Sauvageau, professeur à l’Université Laval, publié dans les pages du Devoir. À travers ces exemples, nous voulons attirer votre attention sur des détails qui peuvent semer la confusion chez le lecteur.

Exemple A : citant un article de Pierre Foglia, journaliste au quotidien La Presse, vous diriez… Foglia prétend que « la vitesse tue » (La Presse, 2004).

  • et non pas… Foglia prétend que « la vitesse tue » (Foglia, La Presse, 2004).

répétition inutile du nom du journaliste (Foglia)

  • et non pas… Foglia prétend que « la vitesse tue » (Foglia, 2004).

répétition inutile du nom du journaliste (Foglia), absence de mention du nom de la publication (La Presse)

  • et non pas… Foglia prétend que « la vitesse tue » (2004).

absence de mention du nom de la publication (La Presse)

Exemple B : citant un article signé par Isabelle Paré, journaliste au magazine L’actualité, qui rapporte les paroles du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, vous diriez… Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, prétend que « les Hells doivent être incarcérés dans un pénitencier isolé » (dans Paré, L'actualité, 2002).

  • et non pas… Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, prétend que « les Hells doivent être incarcérés dans un pénitencier isolé » (L'actualité, 2002).

absence de mention du nom de l’auteur de l’article de L’actualité (Paré) d’où sont tirés les propos du ministre Dupuis, ce qui laisse entendre qu’il pourrait s’agir d’un article que signe le ministre Dupuis

  • et non pas… Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, prétend que « les Hells doivent être incarcérés dans un pénitencier isolé » (2002).

absence de mention du nom de l’auteur de l’article (Paré) et du nom de la publication (L’actualité)

  • et non pas… Le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, prétend que « les Hells doivent être incarcérés dans un pénitencier isolé » (Dupuis, dans Paré, L'actualité, 2002).

répétition inutile du nom de la personne qui fait l’affirmation (Dupuis)

Exemple C : citant un texte d’opinion de Florian Sauvageau, professeur à l’Université Laval, publié dans les pages Idées du quotidien Le Devoir, vous diriez… « Il est faux de prétendre que CHOI méritait le retrait de sa licence par le CRTC », estime Florian Sauvageau, professeur à l’Université Laval (dans Le Devoir, 2004). Dans ce cas-ci, outre la publication (le quotidien Le Devoir), il n’y a pas d’intermédiaire journalistique entre l’auteur et le quotidien, ce qui explique la mention « dans Le Devoir » à la fin de la phrase.

  • et non pas… « Il est faux de prétendre que CHOI méritait le retrait de sa licence par le CRTC », estime Florian Sauvageau, professeur à l’Université Laval (Le Devoir, 2004).

absence de la mention « dans », ce qui laisse supposer que Sauvageau est journaliste au Devoir, alors que ce n’est pas le cas

  • et non pas… « Il est faux de prétendre que CHOI méritait le retrait de sa licence par le CRTC », estime Florian Sauvageau, professeur à l’Université Laval (2004).

absence du nom de la publication (Le Devoir), ce qui laisse entendre que cette affirmation a été faite en 2004, sans qu’on sache où exactement

Dans la partie qui précède, vous avez pu remarquer que la référence à la page n’est pas requise lorsqu’il s’agit d’un article de journal ou de magazine. Celle-ci est cependant précisée dans la présentation complète des références en fin de document lorsqu'il s'agit d'une version papier. Par ailleurs, la référence à la page d’une source électronique ne se retrouve ni dans le texte, ni dans la présentation complète, puisqu’il n’y a pas de pagination dans le Web (à l'exception des documents en version pdf). Cependant, l’année de publication (à ne pas confondre avec la date de consultation) est exigée aux deux endroits. Dans le texte, il faut ajouter la mention « en ligne » après l’année de publication pour montrer qu’il ne s’agit pas d’une source papier et un repère pour trouver l'information rapidement. Encore une fois, la référence complète doit apparaître en fin de document. Ces deux exemples montrent la façon dont il faut identifier la référence d’une source électronique dans le texte.

1. En ce sens, le Règlement disciplinaire à l’intention des étudiants de l’Université Laval vise notamment à « préserver la crédibilité des attestations ou des diplômes délivrés […] afin de s’assurer que les relevés de notes et les diplômes témoignent de la compétence et de la formation réelle des étudiants » (2009 : en ligne, 3).

2. Selon, Konrad von Finckenstein, « la nouvelle approche pour l’attribution des licences fondée sur les groupes de propriété reflète la tendance de la convergence dans les médias » (CRTC, 2010 : en ligne, 2e paragraphe).

Ces précisions et exemples vous aideront à mieux utiliser la méthode auteur-date. Il est cependant possible que certains aspects plus techniques ou exigences spécifiques s’ajoutent. Le cas échéant, assurez-vous de ce qui est requis auprès de votre enseignant.

Département d’information et de communication — Faculté des Lettres et des Sciences Humaines
Août 2005 (version révisée juillet 2011)

Dernière mise à jour : 2013-06-25 10 h 35