Recours aux citations

Une citation est un passage cité d’un auteur, d’un personnage célèbre et donné comme tel (généralement pour illustrer ou appuyer ce que l’on avance).

Nous venons ici de faire preuve de « malhonnêteté intellectuelle » et nous pourrions être accusé, à raison, de plagiat puisque nous reprenons intégralement et sans le préciser une définition du Petit Robert (1996 : 430). Les citations puisées dans Internet doivent elles aussi faire l’objet d’une attribution en bonne et due forme. Bien qu’il n’existe pas de normes précises sur le sujet, l’auteur du texte devrait citer sa source entre guillemets à partir du moment où il rapporte plus de quatre mots regroupés ne lui appartenant pas, ou s’il utilise une idée, un concept, une notion propre à un auteur ou à un penseur5.

En somme, dans de tels cas, c’est le principe d’honnêteté intellectuelle qui s’applique, une qualité fondamentale qui déborde de la rigueur. Rendu à l’université, l’ignorance des règles ne peut justifier le plagiat : on doit obligatoirement « rendre à César ce qui appartient à César ». En ce sens, le Règlement disciplinaire à l’intention des étudiants de l’Université Laval vise notamment à « préserver la crédibilité des attestations ou des diplômes délivrés […] afin de s’assurer que les relevés de notes et les diplômes témoignent de la compétence et de la formation réelle des étudiants » (Règlements des études, (2009 : en ligne, 3).

Finalement, mieux vaut citer en identifiant ses sources que d’être sanctionné pour ne pas l’avoir fait6. En plus, les citations augmentent la valeur d’un texte et témoignent de la diversité ou de la complémentarité des positions sur le sujet. Elles permettent au lecteur d’apprécier les sources ayant inspiré et guidé l’auteur du texte. Mais celui-ci doit les introduire convenablement, ne pas les « plaquer » dans le texte pour « faire scientifique ». C’est un art de bien introduire le propos d’un auteur en précisant qu’il s’oppose à un autre, qu’il est plus nuancé, qu’il abonde dans le même sens, etc. Dans l’exemple fictif ci-dessous, trois citoyens expriment leur position respective sur la place du secteur privé dans la gestion des hôpitaux du Québec.

Dion prétend que « l’État doit confier au secteur privé la gestion des hôpitaux du Québec afin de réduire les listes d’attente ». Plus nuancé, Gagné favorise plutôt « le recours au secteur privé pour la gestion, mais en laissant un droit de regard au gouvernement », ce qui, à son avis, est « politiquement viable ». Pour sa part, Bolduc s’oppose catégoriquement à la présence du secteur privé qu’il qualifie de « première étape dans la démolition d’un système admiré par les autres provinces canadiennes ».

Une citation de trois lignes et moins est insérée directement dans le corps du texte entre des guillemets français (« »). Lorsqu’elle compte plus de trois lignes, elle est isolée du texte dans un paragraphe séparé, à interligne simple, avec un retrait de 1 cm à gauche et à droite (par rapport au texte), et sans guillemets.

On comprendra ainsi aisément que la méthodologie de la recherche s’avère incontournable pour celui qui entend s’initier à une science, car elle renvoie à la connaissance des règles, étapes et procédures auxquelles les scientifiques recourent pour faire de la science et expliquer notre univers d’une manière scientifique (Dépelteau, 2000 : 7).

Il faut porter une attention particulière à la ponctuation finale lors de l’insertion d’une citation dans le corps du texte. Qu’il s’agisse d’une citation qui compose la phrase en tout ou en partie comme dans les deux exemples ci-dessous, le point est placé à l’extérieur de la parenthèse fermante de la référence.

1. « L’hypothèse est une proposition de réponse à la question posée » (Grawitz, 2001 : 398).
2. Selon Grawitz, « l’hypothèse est une proposition de réponse à la question posée » (2001 : 398).

Enfin, tel qu’il est présenté dans l’exemple no 3, une majuscule doit suivre le deux-points quand la citation est une phrase complète (phrase citée non tronquée).

3. Concernant le terme méthode, Grawitz souligne son caractère ambigu : « La notion de méthode est d’une ambiguïté souvent dénoncée » (2001 : 15).

Par ailleurs, tout ce qui est placé à l’intérieur des guillemets doit être reproduit intégralement7. Une erreur présente dans la citation ou la présence de termes inappropriés ou douteux ne doit pas être corrigée, mais plutôt suivie de la mention [sic] entre crochets, laquelle signale que ce qui précède a été cité textuellement. Cela dit, lorsqu’une partie du propos d’une source est moins utile, il est possible de la supprimer en insérant trois points d’ellipse entre crochets [...]. De la même façon, si une information nécessaire à la compréhension d’une citation est absente, ou si l’apport d’un ou de quelques mots peut mieux harmoniser l’insertion d’une citation, l’ajout se fait entre crochets [...] et permet de montrer que ça ne vient pas de la source citée, mais plutôt de l’auteur du texte.

Les deux exemples ci-dessous illustrent bien notre propos. Dans le premier, nous avons fait disparaître le mot « et », inutile dans la citation ; dans le second, nous avons ajouté « lettres majuscules » en complément d’information.

1. En ce sens, le Règlement disciplinaire à l’intention des étudiants de l’Université Laval vise notamment à « préserver la crédibilité des attestations ou des diplômes délivrés […] afin de s’assurer que les relevés de notes et les diplômes témoignent de la compétence et de la formation réelle des étudiants »  (2009 : en ligne, 3).
2. Selon Ramat, « il n’y a pas de règles absolues pour l’emploi des capitales [lettres majuscules], car cet emploi dépend des circonstances » (2005 :74).

Dans l’exemple fictif qui suit (« Il était préférable que la gestion [des déchets] soit confiée à un sous-traitant… »), la précision présentée entre crochets par l’auteur du texte est nécessaire pour que le lecteur puisse savoir de quelle « gestion » il est question.

Enfin, dans un texte en français, nous utiliserons des guillemets français, en forme de chevrons (« »), plutôt que les guillemets anglais (“ ”). Ces derniers serviront à « guillemetter un élément à l’intérieur d’un passage déjà entre guillemets » (Guilloton et Cajolet-Laganière, 2000 : 227). Les premiers sont utilisés avec espaces, les seconds, sans espaces. Par exemple, cet extrait tiré du guide doit être cité de la façon suivante.

« Nous venons ici de faire preuve de “malhonnêteté intellectuelle” et nous pourrions être accusé, à raison, de plagiat puisque nous reprenons intégralement et sans le préciser une définition… »

L’expression malhonnêteté intellectuelle entre guillemets français dans le texte se retrouve ici entre guillemets anglais dans la citation du fait qu’on ne peut pas utiliser deux fois les mêmes guillemets à l’intérieur d’une même séquence.

5.Il pourrait s’agir, par exemple, de « la substantifique moelle » de Rabelais, du « doute philosophique » de Descartes, du « beau risque » de René Lévesque, etc.

6. Le texte ne doit pas pour autant se réduire à des citations, la contribution de l’étudiant devant être apparente et importante.

7. Les règles de présentation de cette partie du guide ne s’appliquent pas toutes aux citations de sources orales en presse écrite. La convention veut plutôt que l’essentiel du propos soit rapporté en reformulant au besoin la citation pour la rendre plus claire et grammaticalement correcte. Cela s’explique en partie par les contraintes de production qui ne permettent pas de faire de la sténo lors d’un interview ou d’une conférence de presse, mais également par le respect à l’égard de la source qui ne s’exprime pas à l’oral comme à l’écrit.

Département d’information et de communication — Faculté des Lettres et des Sciences Humaines
Août 2005 (version révisée juillet 2011)

Dernière mise à jour : 2013-06-25 10 h 35