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Département d'information et de communication


Doctorat honoris causa, juin 2006
Janette Bertrand

Présentation de Janette Bertrand
Professeure Guylaine Martel

M. le Recteur, M. le Secrétaire général,
Distingué/es invité/es,
Cher/chères collègues, cher/chères diplômé/es, chers parents,


Photo: Le fil des événements

Ma présentation sera courte, tant la personne que j’ai le plaisir et le privilège de vous présenter est connue. Madame Janette Bertrand, la Janette du Courrier du cœur, de Parler pour parler et de L’Amour avec un grand A, pour ne nommer que quelques-unes de ses réalisations les plus populaires, est venue partager avec les diplômé/es de l’Université Laval les honneurs d’une cérémonie qui veut souligner la réussite.

Au cours de sa remarquable carrière, Janette Bertrand a mis son intelligence et son jugement, aussi bien que sa sensibilité et son audace, au service de la société québécoise. Traversant tous les médias, adoptant un style qui lui a permis de rejoindre un vaste public, elle a scruté les problèmes de la vie quotidienne et opposé à l’intolérance, à l’injustice, à la violence et aux inégalités, les armes de l’information et de l’éducation.

D’abord journaliste, cantonnée aux pages féminines comme ses consoeurs de l’époque, madame Bertrand dépasse subtilement les contraintes du genre et profite de ses propres chroniques pour s’informer et faire, bien avant l’heure, ce que nous appelons maintenant du « transfert de connnaissances ». « Ce qui me passionne dans l’écriture, dit-elle dans son autobiographie, c’est le partage. Je n’écris pas pour moi, mais pour rejoindre des gens, pour communiquer » (p. 397). Elle questionne beaucoup, beaucoup trop diront certains, mais toujours dans le respect de la liberté de conscience de chacun.

Après le journalisme écrit, madame Bertrand passe à la radio et touche même au cinéma. Mais son média de prédilection est la télévision, le média qui rejoint tout le monde, « de la madame d’Outremont à celle du faubourg à m’lasse » (p. 118), du plus instruit, au plus démuni. Je la cite : « Si la télévision doit divertir, elle peut aussi faire réfléchir. Le plus grand compliment qu’on puisse me faire, c’est de me dire qu’après une de mes émissions, on a discuté ferme » (p. 331). Dans ses œuvres de fiction comme dans ses émissions de service, à travers l’humour et le drame, Janette Bertrand traite avec une rare ouverture d’esprit et une égale franchise les sujets les plus délicats : l’homosexualité, la mort, la violence conjugale. Elle crée un espace public d’expression pour les sans abris, les victimes du sida, les mères monoparentales, les hommes suicidaires. Certains crient à l’exhibitionnisme, au voyeurisme. Mais Janette veut savoir : « Je m’attaque à ce qui m’apparaît un mystère et je cherche à comprendre » (p. 348). D’instinct et de cœur, elle poursuit son étude sur la nature humaine.

À ce jour, les milieux les plus divers ont reconnu l’extraordinaire talent de communicatrice de madame Bertrand et honoré son indéniable contribution à l’évolution des mentalités et au changement social : la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, l’Association des radiodiffuseurs, la Centrale de l’enseignement du Québec, le Mouvement laïc québécois, le Gouverneur général du Canada, les gouvernements du Québec et du Canada… À la Faculté des lettres, on étudie les manifestations de son action comme autant de fenêtres inédites sur les valeurs, les pratiques et les aspirations des Québécoises et des Québécois à des moments charnières de leur histoire.

L’exceptionnel rayonnement de la carrière de Janette Bertrand se situe à la jonction du savoir et de sa diffusion et rappelle la mission citoyenne de l’Université Laval. Madame Bertrand est l’une des personnalités médiatiques qui a le plus activement et le plus concrètement contribué à promouvoir les valeurs associées au savoir, défendant un droit égal à l’éducation supérieure pour tous et toutes. L’action qu’elle a menée auprès des milieux populaires a eu un impact direct et indéniable sur l’université telle que nous la connaissons aujourd’hui et telle que nous la concevons pour le futur : démocratique, humaniste et ouverte à toute la communauté.

Madame Bertrand, les diplômé/es que nous célébrons aujourd’hui sont réuni/es, comme vous l’espériez, au-delà de leurs différences d’âge, de sexe, de couleur, de capital social, culturel et économique, de santé, d’orientations. Ils reçoivent de la société à laquelle vous avez vous-même tant contribué, le bien que vous avez défendu avec « assiduité » tout au long de votre carrière : la connaissance. Avec la même énergie qui guide vos actions depuis plus de soixante ans, ils vont à leur tour participer à l’émancipation de cette société. Parce qu’ils et elles reconnaissent, comme vous, que le savoir, sous toutes ses formes, est le lien le plus direct vers la liberté.

Madame Bertrand, en vous rendant hommage aujourd’hui, l’Université Laval vous reconnnaît comme le modèle par excellence des valeurs qui l’animent. Puis-je vous inviter à recevoir des mains de M. le Recteur le doctorat ès lettres honoris causa, à revêtir l'épitoge et à signer le Livre d'or de l'Université Laval.

 

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Mis à jour: 2006-07-05