Brun, Josette

Interrelations femmes-médias dans l’Amérique française

Josette Brun dir. (2009) Interrelations femmes-médias dans l’Amérique française, Presses de l’Université Laval (Collection Culture française d’Amérique).


Cette collection d’essais se penche sur la place qu’occupent les femmes d’expression française dans les médias en Amérique du Nord. Histoire, littérature, communication, droit, journalisme : autant de regards croisés jettent un nouvel éclairage sur un enjeu de taille de la communication publique. Les textes traitent d’abord des voies permettant aux femmes d’agir sur leur monde malgré les contraintes posées à leur prise de parole en France et en Nouvelle-France aux XVIIe et XVIIIe siècles. L’attention se porte ensuite sur l’apparition des premières voix féminines dans la presse québécoise, soit dans les gazettes pionnières de la fin du XVIIIe siècle et la presse partisane de la première moitié du XIXe siècle. Puis, l’ouvrage présente le parcours de trois pionnières du journalisme au Canada français au tournant d’un XXe siècle témoin de l’arrivée des quotidiens d’information et de la presse féminine, avant de s’intéresser à la place réservée aux femmes dans les premiers médias acadiens. La réflexion se poursuit par un retour sur la genèse et le sort de l’ouvrage clé de la critique féministe des médias au Québec publié en 1987, Le silence des médias, et sur l’action de femmes francophones ayant immigré au Canada qui ont cherché à pallier le silence des grands médias en se taillant activement une place à la radio communautaire au tournant du XXIe siècle. L’ouvrage aborde en dernier lieu des thèmes actuels : la lente féminisation du journalisme en Acadie, la présence paradoxale des adolescentes dans le discours médiatique québécois, et la rencontre de l’antiféminisme et d’Internet dans les sites francophones de groupes se disant à la défense des droits des hommes et des pères au Québec.

Vie et mort du couple en Nouvelle-France. Québec et Louisbourg au XVIIIe siècle

Brun, Josette (2006) Vie et mort du couple en Nouvelle-France. Québec et Louisbourg au XVIIIe siècle, Montréal et Kingston, McGill-Queen’s University Press.


La Nouvelle-France offre-t-elle aux femmes un champ d'action élargi, comme le voudrait une certaine conception de l'histoire coloniale? Ce n'est pas ce que révèle l'analyse du partage des droits et des responsabilités entre époux, des secondes noces et des stratégies de survie économique des personnes veuves. « Maîtres et seigneurs » chez eux, selon le véçu de l'État, de l'Église et de la loi, les maris assument formellement l'essentiel des responsabilités professionnelles et patrimoniales du ménage. Lorsqu'ils meurent, leurs veuves doivent pour survivre apprendre à profiter de leur nouvelle capacité juridique, d'une certaine flexibilité des rôles féminins, de leur expérience professionnelle ou de leur douaire, qu'elles mettent en valeur seules ou avec l'aide de la parenté. Les veufs, souvent parents de jeunes orphelins et contraints par les normes de la masculinité, se remarient rapidement. Ils retiennent moins l'attention des autorités que les veuves, nombreuses, dom la figure tantôt attendrissante et tantôt suspecte se trouve parfois directement mêlée aux rapports de pouvoir entre la métropole et ses colonies nord-américaines.

Dernière mise à jour : 2010-10-05 09 h 38