Martel, Guylaine

Argumentation et communication dans les médias

Martel, Guylaine et Marcel Burger (sous la dir.). 2005. Argumentation et communication dans les médias. Québec: Les Éditions Nota Bene, 246 p.


Presque toute parole, tout discours, c'est là une évidence, peut se voir attribuer plus d'un sens, et chacun sait que l'interprétation est le résultat d'un processus très complexe faisant intervenir, outre la connaissance du code linguistique, le savoir partagé sur les plans référentiel, social, culturel, etc. Ce processus est en partie observable : les interlocuteurs discutent, révisent, négocient et ce faisant " fabriquent " le sens. Il est curieux que dans la foulée, on ne se soit qu'assez tardivement intéressé au malentendu, que l'on pourrait définir comme une mésinterprétation du discours d'autrui par son récepteur. La mésinterprétation n'est pas forcément une interprétation erronée, c'est avant tout une interprétation qui diverge de celle de l'autre ; c'est l'émergence d'un sens imprévu par le locuteur. Le phénomène est intéressant dans la mesure où l'observation des ratés de l'interprétation constitue peut-être le meilleur moyen d'appréhender les mécanismes qu'elle met en jeu.

Il y avait donc autour du malentendu l'occasion d'un dialogue fructueux entre des chercheurs - littéraires et linguistes - que le sens préoccupe à travers des objets discursifs très différents. On trouvera dans cet ouvrage collectif le résultat de leurs réflexions. De multiples approches théoriques - de l'herméneutique à l'analyse conversationnelle en passant par les théories de la lecture et la rhétorique - se croisent ici et sont appliquées à des textes et des situations de communication très variés : romans, lettres, talk shows, conversations familières, etc. En dépit de leur diversité, les contributions rassemblées trouvent écho les unes chez les autres ; l'effet recueil, la force de l'ensemble, tient tout autant à ces subtiles correspondances qu'à la variété des angles d'attaque et des points de vue exprimés sur un phénomène qui engage toute notre saisie de ce qu'est le sens.

Autour de l'argumentation. Rationaliser l'expérience quotidienne

Martel, Guylaine (sous la dir.). 2000. Autour de l'argumentation. Rationaliser l'expérience quotidienne. Québec: Les Éditions Nota Bene, 180 p.


Tous autant que nous sommes, quelles que soient les compétences communicationnelles qu’exigent de nos activités professionnelles, nous adaptons à nos interventions les plus banales, et de façon très appropriée, les procédés argumentatifs et rhétoriques décrits par Aristote. Pour démontrer la valeur de nos affirmations, bien sûr, mais aussi dans le but de rationaliser notre expérience quotidienne.

Toute production discursive qui s’inscrit dans une relation interactionnelle et qui implique des représentations identitaires comporte un risque que le locuteur cherche à contrer en se justifiant et en s’expliquant davantage. Amené à parler de lui et de ses proches, il se construit son discours de manière à renvoyer une image cohérente de son monde. L’argumentation est un moyen discursif privilégié de structurer logiquement le réel; en y recourant, le locuteur façonne la réalité et se positionne par rapport à celle-ci, déterminant ainsi sa place et sa cohérence dans l’univers.

Chacun des articles réunis dans Autour de l’argumentation présente un aspect différent et original de l’argumentation, mais tous ont ceci en commun qu’ils reconnaissent les formes et les structures du discours argumentatif au-delà de la banalité du propos. Ce faisant, ils valorisent l’expression du quotidien et témoignent de l’indéniable

Dernière mise à jour : 2010-10-19 07 h 28