N° 8

Médias et journalisme dans un environnement en mutation

ÉDITORIAL

Le journalisme n'en finit pas de nous étonner. À dire vrai, il est bien obligé. C'est que le monde bouge si vite... Par force, par choix, ou par conscience de son avenir, le métier bouge, bouge, bouge. À dire encore plus vrai, pour l'instant, il tressaute.
Soumis à des tensions de plus en plus fortes, à des contraintes liées à l'argent et aux nouvelles techniques (Thierry Watine, Rémy Rieffel), à la diversification de l'exercice du métier (Michael Palmer), à la pression de l'instant (Gérard Leclerc), à celle de la concurrence (Denis Ruellan), à la complexité parfois contradictoire des problèmes posés (Alexandrine Civard-Racinais), le journalisme - et les journalistes avec lui - s'interroge sur la pertinence de ses choix stratégiques (Michel Mathien), sur la continuité et la validité permanente de ses règles éditoriales anciennes (Christian Delporte, Dominique Marquis) ou récentes (Colette Brin). Et si ces questions sont à l'ordre du jour en France et au Québec, elles se posent aussi dans d'autres contextes comme celui de la Grèce (Angélique Chalkia).
Ces regards de réflexion sur une pratique professionnelle en mouvement, et sur un environnement des entreprises médiatiques de plus en plus insaisissables, constituent la première partie de ce numéro. Ils offrent des repères divers et complémentaires, regards croisés de praticiens et de chercheurs, qui correspondent bien à l'esprit de la revue.
La seconde partie du sommaire n'y correspond pas moins, avec les apports fouillés et autorisés sur le statut des journalistes au Maroc (Ahmed Hidass), la concentration des entreprises de presse au Québec ou au Canada (François Demers), ou encore l'analyse de l'usage des sources anonymes par les journalistes parlementaires québécois (Marc-François Bernier).
En guise de "message de sortie", au moment de l'achèvement de son mandat - non renouvelable - à la présidence du Conseil supérieur de l'audiovisuel français, Hervé Bourges répond sans ambiguïtés à la question qu'il pose sur la régulation d'internet. C'est oui. Un oui net, et en même temps un oui très pluriel. Et puisqu'on ne peut plus l'accuser de "rouler pour lui" et pour l'élargissement de ses prérogatives, il délègue de façon convaincante les missions et les modalités des différentes régulations nécessaires, à différentes instances nommément désignées. Avec le souci de voir les agents d'internet, tous, assumer, dans la liberté, leur responsabilité. Opportunément, Hervé Bourges nous rappelle que, dans nos sociétés, c'est la loi du plus libre (c'est-à-dire du plus fort) qui opprime, et la loi démocratique qui affranchit.
Une leçon qui vaut, aussi, pour internet

Loïc HERVOUET
Directeur de l'ESJ-Lille

MÉDIAS ET JOURNALISME DANS UN ENVIRONNEMENT EN MUTATION

Introduction
Thierry WATINE, Rémy RIEFFEL .. 10

Article 4

Le Devoir : un produit unique
Dominique MARQUIS .. 60

AUTRES CONTRIBUTIONS

Article 10

Faut-il réguler Internet?
Hervé BOURGES .. 158

Dernière mise à jour : 2011-04-11 09 h 14