Résumé

BRIN, Colette et GERVAIS, Michèle. « Informer les consommateurs: l'expérience individuelle et l'expertise critique ». In BRIN, C.,CHARRON, J. et DE BONVILLE, J. Nature et transformation du journalisme: théorie et recherches empiriques. Québec: Presses de l'Université Laval, 2004. P. 397-425.

Le journalisme de consommation, qui suscite un réel intérêt du public, semble avoir été un terrain propice à l'innovation sur le plan journalistique. C'est peut-être pour cette raison qu'il est parfois suspecté de confondre l'information, le divertissement et la promotion. Les auteures analysent deux magazines télévisés consacrés à la consommation, produits et diffusés par la Société Radio-Canada à 25 ans d'intervalle : Consommateurs avertis, émission fort populaire, la première du genre à la SRC et diffusée entre 1970 et 1978, et La Facture, diffusé depuis 1995 et qui, fait rare pour un magazine d'information, s'est taillé une place parmi les émissions de télévision les plus regardées au Québec, tous genres confondus. La relative « légèreté » des sujets semble procurer aux artisans de ces magazines une plus grande marge de manoeuvre pour l'innovation. Les deux émissions se présentent en effet comme originales et novatrices, voire audacieuses dans le style, le ton et le contenu. Au-delà de leurs similitudes qui les caractérisent, les deux émissions présentent dans le traitement de l'information, dans le dispositif de l'émission et dans la mise en scène des reportages des différences significatives qui témoignent des transformations qui affectent plus largement les pratiques journalistiques. Rétrospectivement, en effet, le journalisme légèrement audacieux de Consommateur avertis apparaît, selon les critères d'aujourd'hui, plutôt conservateur et ancré dans la tradition du journalisme d'information. Quant à La Facture, on y observe des tendances typiques du journalisme contemporain. Le rôle central que joue le journaliste dans la trame du reportage et le fait de construire les reportages sur la base des points de vue des consommateurs plutôt que de celui, plus officiel, des institutions et des experts sont symptomatiques d'une reconfiguration plus générale du rapport entre le public, les journalistes (les médias) et les institutions, reconfiguration qui traverse tout le journalisme contemporain

Dernière mise à jour : 2010-11-08 09 h 58