Résumé

CHARRON, Jean et DE BONVILLE, Jean. « Le journalisme ». In LEMIEUX, Denise et al. Traité de la culture. Québec : Éditions de l'IQRC; Presses de l'Université Laval, 2002b. p. 889-907.

Du journalisme, le sens commun et la sociologie spontanée ne retiennent généralement que les traits les plus manifestes, autour desquels s'organisent les stéréotypes du métier. Ainsi, les journalistes québécois et canadiens se définissent par leur rattachement à un média écrit ou électronique, par leur fonction dans la salle de rédaction, par la nature de leur activité. En effet, au-delà de leurs traits sociodémographiques comme leur âge, leur niveau de scolarité ou leur salaire, les journalistes se distingue des autres travailleurs intellectuels par leurs fonctions, essentiellement la collecte, la sélection, le traitement et la mise en forme de l'information. Ces fonctions se résument dans un ensemble de conventions, plus ou moins explicites et impératives, qui ont pour but, du point de vue de l'entreprise de presse, de rendre prévisibles, donc « gérables », les différentes opérations de collecte et pour effet, du point de vue du journaliste, de les rendre routinières, donc rapides et faciles à exécuter. Toutefois, la validité de ces représentations du journalisme demeure limitée : d'une part, elles masquent les contraintes spécifiques qui s'exercent sur le journalisme contemporain, et, d'autre part, elles ne rendent pas compte d'autres contextes spatio-temporels. Pour être adéquate, une définition du journalisme doit en viser la composante essentielle, c'est-à-dire qu'il s'agit d'un système de règles de production discursive propre à une communauté de scripteurs. Appliquée au journalisme contemporain, la définition doit aussi en contenir le trait spécifique le plus important, à savoir que cette production discursive est subordonnée aux objectifs économiques d'une entreprise industrielle soumise à la concurrence capitaliste.

Dernière mise à jour : 2010-11-17 08 h 15