Résumé

DE BONVILLE, Jean. « Le métier de journaliste au début du 20e siècle vu par un contemporain: de l'utilité des concepts théoriques ». In BRIN, C.,CHARRON, J. et DE BONVILLE, J. Nature et transformation du journalisme: théorie et recherches empiriques. Québec: Presses de l'Université Laval, 2004b. P. 243-372

En 1917, Charles F. Hamilton, lui-même ancien journaliste, jette un regard critique sur le journalisme de son époque. Observateur informé et critique perspicace du journalisme, Hamilton n'apprécie guère les modes auxquelles les journalistes de son époque semblent succomber. Il constate et déplore la tendance aux gros titres, la nouvelle mode qui consiste à faire débuter un article par une amorce, l'accent placé sur l'intérêt humain, la conception de la « une » comme une « vitrine », le recours aux clichés, etc., autant de nouveautés qui peuvent paraître anodines aux yeux du profane mais qui, selon Hamilton, en disent long sur la manière dont les journalistes de son époque conçoivent leur métier. Après avoir rapporté en substance les propos de Hamilton, l'auteur entreprend de les interpréter à la lumière des éléments théoriques inhérents au concept de paradigme journalistique. Cet exercice d'ordonnancement et de pondération des faits par la théorie permet de structurer les observations de Hamilton dans un modèle explicatif qui fait ressortir la chaîne de causalité qui les lie. Ce modèle, que Hamilton, faute de théorie, ne pouvait concevoir, met en relief le rapport dialectique entre le journalisme en tant que pratique discursive (ou entre les règles du discours journalistique) et les conditions socio-économiques de cette pratique.

Dernière mise à jour : 2010-11-17 09 h 01